Henri Jibrayel a interpellé à Madame Nadine
Morano Secrétaire d'Etat chargé de la famille sur les inquiétudes des professionnels de la petite enfance.
Nous faisons tous le même constat, il manque 400.000 places d'accueil pour la petite enfance. En revanche, le projet du Gouvernement de réformer à moindre frais, relègue au second plan la qualité de l'accueil de la petite enfance.
Contrairement à ce que le Gouvernement affirme l'accueil en surnombre est malheureusement devenu monnaie courante et le personnel d'accueil de la petite enfance se retrouve très souvent à devoir encadrer plus de 5 bébés et plus de 8 enfants avec le même effectif que pour un accueil normal.
Votre projet du Gouvernement envisage de porter la journée d'accueil en surnombre déjà fixée à 110 % à 115 % pour les équipements d'accueil du jeune enfants de plus de 20 places et à 120 % pour ceux de plus de 40 places. Au vu de ces chiffres il est légitime d'être inquiet sur les conséquences et les difficultés qu'entrainerait ce projet pour les équipements d'accueil de la petite enfance ? Le Gouvernement envisage également d'expérimenter les jardins d'éveil, mais il ne fixe pas le moindre taux d'encadrement pour les enfants de 2 à 3 ans qui y seront accueillis.
En ce qui concerne les qualifications professionnelles, le taux actuel de professionnels les plus qualifiés serait selon le projet du Gouvernement porté de 50 à 40 % au profit de professionnels titulaires d'un CAP petite enfance ou d'un BEP sanitaire et social.
Jusqu'en 2000, 100 % des professionnels travaillant auprès des enfants devaient être titulaires d'une des qualifications de la liste principale. Ce taux a ensuite été porté à 50 %, les autorités expliquant cette modification par les difficultés de recrutement des professionnels les plus qualifiés. Mais dans le même temps les formations proposées ont été réduites.
Ainsi comme chacun s'accorde à le dire pour satisfaire le besoin des 400.000 places d'accueil manquantes, il faudrait former 10.000 professionnels par an sur 3 ans, ce qui est bien loin des objectifs du Gouvernement.
Enfin sur la question de la création de places et les moyens nécessaires à l'accueil de la petite enfance, le Gouvernement annonce la création jusqu'en 2012 de 100.000 places d'accueil collectif pour une enveloppe budgétaire de 1,3 milliard d'euros. Malheureusement nous savons que la CNAF a inscrit au contrat d'objectif et de gestion 2009-2012 la perspective de création de seulement 30 000 places assorties d'un budget de 330 millions d'euros. Nous sommes donc bien loin des chiffres annoncés par le Gouvernement.
Henri Jibrayel demande donc à Madame Nadine Morano si elle entend reconsidérer son projet, afin d'assurer le maintien de la qualité de l'accueil et de l'encadrement, qui est le seul à même de favoriser l'épanouissement de l'enfant et l'accompagnement des parents par de véritables projets sociaux et pédagogiques ?





